L'Entre deux guerres

L’URSS menait en fait deux négociations, l’une avec la France et l’Angleterre, l’autre avec l’Allemagne ; en fait elle préférait ainsi par duplicité, partager la Pologne avec l’Allemagne, plutôt que de la défendre. Staline voyait déjà loin….
Les négociations avec l’Allemagne avaient débuté le 17 avril 1939, grâce à l’action de l’ambassadeur de Russie à Berlin, MEREKALOV  qui fit les premières avances , elles  se poursuivirent  le 20 mai à Moscou sans que la diplomatie française s’en rende compte, les services de renseignements franco-britanniques n’ayant pas eu vent de toutes ces allées et venues entre Berlin et Moscou, le ministre des affaires étrangères MOLOTOV recevant l’ambassadeur allemand le comte SCHULENBURG, puis ce fut le tour de VON RIBBENTROP le 16 août, l’accord étant paraphé dans la nuit du 23 au 24 août 1939 par  MOLOTOV et VON RIBBENTROP, en présence de JOSEPH STALINE lui-même.
 

9-10 NOVEMBRE 1938

 

“«Reichskristallnacht» en allemand, trouve son origine en référence aux vitrines et à la vaisselle brisées cette nuit-là.

Il est préférable d’utiliser le terme employé par les historiens allemands : «Novemberpogrom» (le pogrom de Novembre)”.

 

 

 

 

Par Francis AGOSTINI

Président départemental de l'Union

Fédérale des Bouches-du-Rhône

Président du Comité de Coordination

des associations d'Anciens

Combattants et Victimes de Guerre de

Marseille et des Bouches-du-Rhône.

 

 

 

Dans la matinée du 7 novembre 1938, un jeune homme d’origine israélite se rend à l’ambassade d’Allemagne 88 rue de Lille à Paris, située dans l’ancien hôtel de Beauharnais et demande à voir un fonctionnaire de la légation, arguant qu’il a des documents importants à remettre et demande à être reçu personnellement.

L’huissier de service pense tout d’abord au Conseiller ACHENBACH, mais ce dernier étant absent, il le dirige au premier étage vers le bureau de monsieur Ernst Von RATH, jeune Conseiller d’ambassade.

Ce dernier reçoit le jeune homme, Herschel GRYSZPAN, lui demande de s’asseoir et de lui remettre les documents annoncés.

A ce moment là, le jeune israélite sort de sa poche un pistolet automatique qu’il a acheté le matin même à un armurier de la rue du Faubourg Saint Honoré, et tire à bout portant cinq balles en direction du Conseiller dont deux l’atteignent au bas ventre.

Alerté par les coups de feu, l’huissier revient précipitamment et trouve le meurtrier debout, immobile à côté du Conseiller qui se tient le ventre et qui lui dit  « Je suis touché là ».

Herschel GRYNSZPAN, ne cherche pas à s’enfuir et reste debout tremblant comme hypnotisé. La police française s’en empare, il est incarcéré et va connaître au cours des années qui vont suivre bien des péripéties, notamment après l’invasion allemande de mai 1940 où évacué vers le sud il est libre. Mais, après quinze jours de liberté, ne connaissant personne, totalement démuni, il se constituera prisonnier à Toulouse.

Les Nazis le traquent toujours, retrouvent sa trace et réussissent à convaincre le régime de Vichy de leur livrer. Le 18 juillet 1940 Herschel GRYNSZPAN est déporté en Allemagne, il disparaîtra à Sachsenhausen entre 1943 et 1944.

Une ambulance transporte le diplomate allemand à la clinique de l’Alma, 166 rue de l’Université où malgré des soins intensifs, il décède le 9 novembre.

Le jeune GRYNSZPAN déclare aux policiers français qu’il a agi parce que ses parents résidant à Hanovre ont été expulsés vers la Pologne le 27 octobre où ils ont été refoulés et sont devenus des juifs apatrides et de ce fait n’avaient plus de statut légal…comme d’ailleurs de nombreux autres juifs dans le même cas.

 

*

 

Cet attentat va soulever en Allemagne hitlérienne une énorme émotion, surtout dans les milieux gouvernementaux, d’autant plus qu’un autre attentat s’était déjà produit en 1936 en Suisse à Davos où un autre juif, David FRANFURTER,avait abattu Wilhem GUSTLOFF, responsable de l’organisation des allemands à l’étranger.

A ce moment là Hitler est à Munich quand la nouvelle du décès du Conseiller d’ambassade Von RATH lui parvient et en même temps on apprend que dans la province de Hesse, la population a commencé à saccager des magasins et à incendier des synagogues. Interrogé sur ce qu’il y a lieu de faire et notamment les mesures à prendre pour réprimer ces désordres, le Führer répond  « Aucunes, je ne vois pas pour ma part aucune raison d’intervenir, la réaction spontanée de la population, nous fournira peut-être le moyen de régler le problème juif, une fois pour toute ». En réalité peu de gens parmi la population ont pris part à ces scènes de violence dues largement aux SA et aux jeunesses hitlériennes et à la pègre.

Cette nuit du 9 au 10 novembre sera marquée par des scènes d’une incroyable sauvagerie, plus de 267 synagogues sont incendiées, des magasins juifs plus de 700 sont saccagés et pillés, des habitations également, on dénombre officiellement 91 morts, mais certainement plus et le chiffre de 400 a été avancé, de nombreux viols de jeunes filles et de femmes eurent lieu, sans parler des arrestations arbitraires - plus de 35.000 juifs furent interpellés et internés à Dachau -10900- dont 4500 en provenance de Vienne, 9800 à Buchenwald et 6000 à Sachsenhausen, certains étant abattus dès leur arrivée au camp.

Afin de donner un caractère légal à ces manifestations, GOERING fait promulguer deux décrets destinés, dit-il à réglementer la situation des juifs en Allemagne.

Le premier condamne la communauté juive à payer un milliard de reichsmark au titre des réparations pour l’assassinat du Conseiller Ernst Von RATH.

Le deuxième décret touche le secteur économique de la communauté juive, environ 500.000 âmes, en interdisant aux juifs de posséder des magasins, commerces, des entreprises de transport, ni des comptoirs d’achat et il leur est interdit d’exercer une profession libérale, ni d’avoir des responsabilités dans des sociétés, de même d’exposer des produits à la vente sur les marchés et les foires…

L’accès aux associations leur est également interdit, ils seront expropriés des immeubles leur appartenant, ils ne pourront plus vendre de bijoux, pierres précieuses et de l’or, devront déclarer leurs avoirs et titres bancaires qui seront contrôlés.

S’ils veulent quitter l’Allemagne ils ne pourront emporter avec eux que 5% de ce qu’ils possèdent…

Les lois raciales du 15 septembre 1935 au demeurant graves, n’étaient qu’une avancée première de ce qui attendait la communauté juive allemande, établissant une ségrégation de principe entre juifs et allemands, mais une nouvelle ordonnance de police d’HIMMLER en date du 3 décembre 1938 interdisait sur tout le territoire du Reich aux juifs de se montrer dans des réunions, des lieux publics-( Hôtels , restaurants, Théâtres, cinémas, salles de concert etc..) en dehors de certaines heures, leur permis de conduire sont retirés et interdiction leur est faite d’écrire dans la presse, de financer ou de participer à l’élaboration de spectacles ou films à moins que cela ne concerne que le public israélite….

Les réactions dans le monde furent ce qu’elles devaient être violentes et fort nombreuses, le mouvement de réprobation étant le plus fort en Amérique, mais toutes les protestations restèrent lettre morte et la chancellerie du III° Reich traita tout cela par le plus complet dédain.

Par contre, des mesures de rétorsion prises à l’encontre des entreprises allemandes travaillant à l’étranger amenèrent le III° Reich à perdre plus du quart de ses exportations commerciales.