Des Hommes à l'honneur

L’épopée d’un brave en 14/18

 

 

Antonin Thomas AUDEMA est né le 21 décembre 1893 à Florensac dans l’Hérault.

La loi militaire de 1913 ayant fixé à trois ans la durée du service militaire actif pour tous à l’âge de 20 ans, il est incorporé le 5décembre 1913 et mis en route sur le 3° bataillon de Zouaves à Bizerte.

A cette époque, pour chaque classe, il est tiré au sort une lettre qui permet de déterminer par ordre alphabétique ceux qui sont désignés pour servir dans le contingent de recrues destinées à servir en Afrique du Nord.

Le 4 août 1914 la guerre est déclarée, et le 3° bataillon de Zouaves est mis en route pour rejoindre la métropole le 16 août où il va former près de Paris au fort de Rosny sous bois le 4° régiment de marche de zouaves, constitué à partir des 3°,4°,5° et 11° bataillons de zouaves.

Le régiment va intervenir en Belgique et se battre dans la région de Charleroi, et va effectuer une retraite dirigée par le général LANREZAC, en assurant les combats d’arrière garde.

Antonin Thomas bien entendu participe activement à ce repli effectué dans des conditions extrêmement difficiles avec armes et bagages et à pied.

Regroupé dans la région de Provins, le régiment va également se battre sur la Marne, participer au succès de la contre-offensive française, puis se porter sur l’Aisne où des combats se déroulent déjà sur un lieu qui va devenir célèbre hélas, par les pertes subies, en 1917, le Chemin des dames et la grotte du Dragon.

Puis c’est la course à la mer, la ruée vers la mer du Nord, le 4° Zouaves étant envoyé en Belgique où il prend position le 23 octobre 1914 à Nieuport, où la boue attend les combattants, puis le froid et l’utilisation par « les Boches » des sapes et des mines et bientôt début 1915, des gaz et notamment l’Ypérite.

Antonin Thomas AUDEMA est nommé caporal le 14 octobre 1914 ; malade il est renvoyé au dépôt de Rosny sous bois, où il est soigné et va rester en base arrière du 5 février au 8 mai 1915.

Il rejoint son régiment et est nommé sergent le 3 juin 1915, blessé le 25 juillet 1916 par un éclat d’obus, il est de nouveau évacué sur Rosny sous bois.

Remis de sa blessure, il rejoint le 4° Zouaves le 3 septembre 1916 ; entre temps l’offensive allemande sur Verdun s’était développée et avait obligé le commandement français à renforcer ce secteur, en y incorporant le 1° régiment de tirailleurs, le 1° régiment de tirailleurs Marocains et le 4° Zouaves englobés dans la 38° division du général de SALINS, elle-même incorporée dans le groupement du général MANGIN.

Pendant toute la bataille, les combats vont se dérouler dans un paysage lunaire au sol complètement bouleversé où tous les villages, les bois, les routes vont disparaître sous l’effet des bombardements intenses.

Après une résistance tenace, les troupes françaises et notamment le 4° Zouaves, vont passer à l’offensive et le 24 octobre 1916 le fort de Douaumont est repris, puis ensuite c’est la prise de la Côte 378 et la ferme des chambrettes.

 

En 1917, c’est l’affaire du Chemin des dames où Antonin Thomas AUDEMA va être une nouvelle fois blessé grièvement le 25 avril 1917, près de la ferme de Heurtebise où une balle le touche à l’épaule et va ressortir au bas des reins, à pied, malgré la douleur et la fatigue il réussit à rejoindre un poste de secours installé dans la grotte du dragon.

Après avoir reçu les premiers soins, il est dirigé vers un hôpital militaire au château d’Azay le rideau sur la Loire.

Il ressort de l’hôpital le 9 septembre 1917 et rejoint le dépôt du 4° Zouaves où il va effectuer plusieurs stages de moniteur de gymnastique, puis de chef de section au camp du Ruchard.

Devenu instructeur, il va former les recrues de la classe 1919 en qualité de spécialiste du canon de 37m/m TR et du crapouillot, genre de mortier de tranchée de l’époque.

Le 18 avril 1919, il rejoint à nouveau le 4° Zouaves en Allemagne et participe à l’occupation de la Rhénanie jusqu’à ce qu’il soit démobilisé le 3 septembre 1919.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, Antonin Thomas AUDEMA est rappelé à l’activité à l’âge de 46 ans le 25 août 1939. Il est désigné pour encadrer une unité de réservistes chargée de la garde des voies ferrées, stationnée dans la gare de Raphèle les Arles. Il est finalement renvoyé dans ses foyers à Cabassole dans l’Hérault comme affecté spécial au titre de chef de culture.

Antonin Thomas AUDEMA était :        Chevalier de la Légion d’honneur - 25 mai 1960

Médaillé Militaire - 29 décembre 1924.

Croix de guerre 14/18 avec trois citations

2 à l’ordre de la brigade

1 à l’ordre du régiment

Médaille commémorative de Verdun

Médaille commémorative de la Grande Guerre

Médaille de la Victoire

Croix flamande des trois cités : Nieuport –Dixmude - Ypres.

Insigne des blessés.

 

En outre il a été nommé à titre civil pour son activité professionnelle, Chevalier du Mérité Agricole le 13 août 1954.

Mais aussi, son fils le général Marcel AUDEMA a eu le grand honneur de décorer son père de la Légion d’honneur en 1960.

 

*

 

Ce que l’on ne sait pas non plus c’est que la famille AUDEMA et notamment Antonin Thomas AUDEMA, n’était pas sans antécédent puisque son arrière grand père avait déjà été amené à effectuer un temps de service militaire prolongé du fait de la guerre sous l’Empereur Napoléon 1°.

«  AUDEMA Antoine, né le 21 septembre 1785, entré au service le 18 avril 1811, sorti le 13 juillet 1815 - 4 ans, 3 mois de services.

Campagne d’Autriche de 1813 et de 1814

Sergent de grenadiers au 6° bataillon du 102° de ligne, Corps d’Armée du prince Eugène.

Domicilié à Castries, père de 4 enfants -3 filles et 1 garçon - dan l’indigence atteint de cécité, il s’est toujours bien comporté dans tous les rapports et dans sa vie privée et comme employé de mairie »

Cf. : Archives départementales de l’Hérault- Carton 3R5

 

Toutes ses informations ont été communiquées à l’auteur de la présente fiche par le général Marcel AUDEMA.

Le général Marcel AUDEMA, grand résistant, ayant participé à la libération de la ville d’Arles les 22, 23 et 24 août 1944 après avoir appartenu à l’ORA, a rejoint le 9° régiment de Zouaves en compagnie de nombreux arlésiens et provençaux, dans l’Armée B du général de Lattre de Tassigny et s’est battu dans les Vosges, en Alsace et en Allemagne - devenu officier parachutiste a servi au 1°RCP en Indochine, puis en Algérie, a commandé le 9° RCP à Toulouse de 1965 à 1967 et a terminé sa carrière comme général de Brigade.

Homme de grande culture, il a effectué un travail de mémoire remarquable pour l’association des amis du Vieil Arles. C’est une grande figure de la tradition provençale.

 

Il s’engage le 13 janvier 1948 pour 3 ans à l’EMAT de Montargis où il est déclaré «réformé n°2» le 25 du même mois.
Le 17 novembre 1948 il est appelé sous les drapeaux avec sa classe au 402° Régiment d’artillerie antiaérienne à Commercy.
Le 1° septembre 1949, il est nommé maréchal des logis, sous officier transmissions.

Grand blessé de la guerre 1914-1918- Amputé des deux jambes-, il appartient très tôt au monde combattant en adhérant à l'Union fédérale des associations françaises d'anciens combattants et victimes de guerre et des jeunesses de l'Union fédérale ; il y joue un rôle important notamment dans la défense des droits et de la mémoire à l'échelon départemental et national.

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Il va dès 1940 rejeter Vichy et surtout la présence des allemands à Paris ; rencontrant Alain GRIOTTERAY grâce aux contacts qu’il avait avec Jean Baptiste BIAGGI, il s’engage à ses côtés au réseau Orion 

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