1914 - 1918

Les circonstances de l'Armistice à Rethondes le 11 novembre 1918
Le 7 novembre 1918, à 20 heures, les plénipotentiaires allemands se présentent devant les avant-postes français à La Pierre d'Haudroy, près de La Capelle. Dirigés vers la gare de Tergnier, où ils arrivent le 8 novembre à 3 h 15, ils sont ensuite accompagnés, dans un wagon aux vitres masquées, jusqu'à une petite clairière de la forêt de Laigue (dépendance de la forêt de Compiègne), près de Rethondes sur la rive gauche de l'Aisne où, sur une autre voie, les attend le train de la délégation française, arrivé de Senlis la veille.
Foch fait savoir à la délégation allemande qu'il la recevra dans son train à 9 heures. Lecture est alors faite des conditions d'Armistice. Celles-ci sont ensuite transmises à Berlin.
 

 

 

Par Francis AGOSTINI

Président départemental de l'Union Fédérale des Bouches-du-Rhône

Président du Comité de Coordination des associations d'Anciens Combattants et Victimes de Guerre de Marseille et des Bouches-du-Rhône.

 

 

 

LE CHEMIN DES DAMES

Début avril 1917, l'annonce de l'entrée en guerre des Etats-Unis d'Amérique insuffle un formidable courant d'optimisme dans l'armée française ; il est vrai qu'en ce début d’année, l'arrivée de matériels modernes que représentent les chars de combat, l'artillerie lourde, le fusil mitrailleur Chauchat, les quantités de munitions, etc.... dopent le moral des combattants et chacun y voit les prémices d'une victoire et la fin de la guerre ; mais malheureusement l'affaire du chemin des Dames va porter un coupe très rude au moral de l'armée et même à ceux de l'arrière.

 

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La disgrâce de FOCH et de JOFFRE, amène le gouvernement à nommer le général NIVELLE commandant en chef lors de la réunion d'un comité ministériel houleux le 14 décembre 1916.

Le but des alliés, partant du principe que les pertes allemandes en 1916 seront difficilement compensées, est de percer le front allemand par une double offensive ; la principale étant menée entre la Somme et l’Oise, liées à celle des britanniques entre Vimy et Bapaume, la seconde de moindre envergure entre Soissons et Reims. En fait c'est l'inverse qui est décidé par le général Nivelle.....

Immédiatement le plan Nivelle est soumis à de nombreuses critiques, tant de l'état-major, que du côté gouvernemental. Plusieurs questions et non des moindres sont mises en avant :

D'abord, ce plan ne tient pas compte du raccourcissement du front allemand au Nord de Soissons, ce qui laisse à penser que l'offensive française risque de tomber dans du vide....

Qui plus est les allemands se sont emparés lors d'un coup de main audacieux devant Maisons en Champagne le 15 février du plan général de l’attaque, plan trouvé sur le corps d'un officier français.

Ils récidivent le 4 avril à Sapigneul et s'emparent là aussi de documents décrivant les objectifs dévolus au premier échelon d'attaque de la V° armée....

Le 9 avril, les britanniques lancent leur offensive en Artois et enlèvent après de durs combats la crête de Vimy.

Le général NIVELLE considérant les succès anglais comme secondaires, entend frapper un grand coup sur l’Aisne. Il part également du principe que la percée fera effondrer le front allemand. Mais, le seul inconvénient et de taille, c'est la nature du terrain, qui n'est absolument pas propice à une offensive de face, les falaises autour du chemin des Dames étant parsemées de grottes -Les Creutes- transformées en point d'appuis fortement armés de mitrailleuses, appuyés par de l’artillerie, les villages aux alentours sont autant de points fortement fortifiés.

L'offensive française est déclenchée le 16 avril à 06 heures précédée depuis quarante huit heures par un formidable bombardement des positions allemandes, qui s'il cause quelques dégâts, révèle aussi l'imminence de l'attaque française.

L'effet de surprise ne jouant plus, les pertes sont tout de suite importantes, y compris du côté des chars d'assaut que l'on emploie pour la première fois à Berry au bac.

Trois divisions sont détruites ; sur le chemin des Dames trois divisions sont détruites ; l'armée MANGIN subit des pertes importantes et partout l'ennemi a résisté.

Le général NIVELLE tente alors d'élargir la bataille à la Champagne, et il y a bien sûr quelques gains de terrain, mais à quel prix et sur le chemin des Dames les avancées sont particulièrement minimes pour des pertes sérieuses.

Le malaise est d'ailleurs grandissant dans l'armée et l'inquiétude gagne même certains parlementaires qui interviennent auprès du Président du Conseil pour que l'offensive soit stoppée , le total des pertes depuis le 16 avril s'élevant à 135.000 hommes.

NIVELLE est remplacé par PETAIN comme généralissime, d'autant plus que la situation se détériore au sein des unités, FOCH prenant la place de PETAIN à l'état-major général.

 

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Les conséquences des offensives du premier trimestre 1917 sont dramatiques ; un peu partout en effet ont éclaté des mutineries dans les unités ayant participé aux attaques, comme d'ailleurs dans les corps de l'arrière.

La crise atteint son maximum les 4 et 5 juin 1917 et des incidents éclatent même à Paris entre civils... .et militaires !

110 cas graves ont affecté 2 bataillons de chasseurs, 79 régiments d'infanterie dont 2 de la coloniale et 1 de la territoriale, 8 d'artillerie, 1 de dragons, 1 bataillon de tirailleurs sénégalais, ainsi 54 divisions sont touchées ...

Bien entendu les sanctions sont sévères et 23.839 condamnations sont prononcées par les tribunaux militaires : sur 412 peines de mort prononcées 55 sont suivies d'exécution pour crimes militaires, voire de droit commun.

A noter que grâce à l'action des associations d'anciens combattants et d'hommes comme René CASSIN, la plupart seront réhabilités après la guerre.

L'action du général Pétain va également ramener le calme en moins de trois mois ; faisant appliquer des mesures de bon sens, meilleure nourriture, systèmes des permissions, cantonnements beaucoup plus salubres à l’arrière, rotations des divisions au feu, au repos et à l'instruction...

Meilleures organisations des opérations avec appui massif de l’artillerie, économie des vies humaines etc.....

Les succès ne tardent pas à apparaître comme pour la bataille de la Malmaison le 23 octobre 1917 et les allemands doivent se replier sur l'Ailette et tout le chemin des Dames est pratiquement reconquis…

 

http://www.webrebate.info/fr/Bataille_du_Chemin_des_Dames.htm

"QUELLE MEMOIRE POUR LES FUSILLES DE 1914-1918" 

De ce Rapport du Professeur Antoine PROST, lu et analysé par le Président Francis AGOSTINI, vous y découvrirez un condensé.

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