Le maréchal MAC-MAHON est particulièrement conscient de la faiblesse de ses moyens, notamment pour couvrir la frontière sur le Rhin ; qui plus est il manque de renseignements sur l’adversaire : cela d’ailleurs sera un handicap constant des troupes impériales françaises.
Il opte donc pour une position défensive qui se tiendrait à hauteur d’Haguenau, légèrement au Nord, l’Alsace du Sud étant pratiquement dégarnie, les places de Strasbourg et de Belfort étant protégées par une division.
Au Nord-ouest le V° corps du général de Failly assure la liaison avec l’Armée de Lorraine.
Le 3 août 1870, la division du général Abel DOUAY reçoit l’ordre d’avancer vers Wissembourg à la frontière, et là, à peine les troupes françaises ont-elles atteint leurs positions, qu’elles sont attaquées par les avants gardes bavaroises et prussiennes, qui sans être repérées avaient traversé la forêt de Bien-Wald.
Le combat commence à 9 heures du matin, les troupes du 1° corps d’armée français sont harassées de fatigue, compte tenu de la longue marche qu’elles venaient de réaliser, d’autant plus que la surprise joue pleinement en faveur des Allemands.
Le général DOUAY est tué, les troupes allemandes occupent le Giessberg, et vers 14 heures 30 l’action est pratiquement terminée, les troupes allemandes occupent Wissembourg et les troupes françaises refluent en désordre.
 
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Le 5 août dans la soirée, le maréchal MAC- MAHON fait avancer ses troupes et les place autour de Froeschwiller sur les hauteurs dominant la vallée de la Sauer ; mais l’équipement des hauts responsables de l’Armée impériale française est désuet - Absence de cartes d’état-major, pas même de plans directeurs, et surtout méconnaissance du terrain et de la région…
A la suite d’un violent orage, la troupe est trempée jusqu’aux os, le sol est particulièrement glissant, les trains des équipages s’enlisent ainsi que les batteries, et la Sauer petite rivière est devenue un véritable torrent.
La bataille s’engage le matin du 6 août sans que des ordres aient été donnés d’un côté comme de l’autre, les Bavarois ayant attaqué les positions françaises placées sur la gauche du dispositif constitué de troupes d’Afrique du Nord, turcos et chasseurs d’Afrique qui résistent bien, mais bientôt les Prussiens font pilonner les lignes françaises par plus de 90 pièces d’artillerie, rejointes peu de temps après par un groupe de batteries installées dans le village de GUNSTETT, qui se met également à écraser les lignes tenues par l’infanterie et la cavalerie française.
A la mi- journée, le dispositif français est enveloppé par le Sud et pour dégager l’infanterie particulièrement éprouvée par l’artillerie allemande, la maréchal MAC-MAHON donne l’ordre à la brigade MICHEL de charger : les cavaliers sont littéralement hachés par le tir des canons et les survivants sont abattus dans la grand rue de MORSBRONN bloquée par des barricades.
Les Allemands engagent alors leurs réserves, les Prussiens entrent dans FROESCHWILLER -(WOERTH) - prennent pied sur les collines, s’emparent ensuite du village d’ELSASHAUSEN malgré la résistance acharnée des turcos.
Vers 15 heures la situation est critique et le maréchal MAC-MAHON décide de se replier sur REICHSHOFFEN, et fait pour cela appel une nouvelle fois à la cavalerie, la brigade de cuirassiers commandée par le général BONNEMAIN, qui va subir un véritable massacre, s’élançant à travers les vignes et les houblonnières, l’artillerie allemande les achevant… En dix minutes de combat, la brigade a perdu 14 officiers dont 9 sont tués sur 35, 120 cavaliers et 140 chevaux sur 500…
A 17 heures les Prussiens s’emparent totalement de FROESSCHWILLER et les vainqueurs se livrent alors à un pillage systématique de la ville.
Les habitants survivants enveloppent les cadavres dans des bâches et les enterrent dans des fosses communes.
Cette bataille a coûté côté allemand 10.600 hommes hors de combat, deux généraux blessés, les français eux ayant perdu 9800 hommes dont quatre généraux dont le général COLSON, chef d’état-major de MAC-MAHON, 6000 prisonniers ; un régiment comme le 3° Régiment de Zouaves a perdu 40 officiers sur 65 et 1580 hommes sur 2190…
En fait c’est d’abord l’artillerie allemande qui a pratiquement gagné la bataille, ses tirs faisant des ravages dans les lignes françaises. Il faut rajouter à cela le manque de préparation des opérations côté français.
En juillet 1870, le second empire vient de se sortir avec peine du guêpier mexicain où il s’était empêtré depuis 1862 et ce jusqu’en 1867, ayant abandonné à son triste sort l’empereur Maximilien.