Mémoire des Peuples

 

                                LA QUESTION ARMENIENNE

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                      UN GENOCIDE LONGTEMPS OCCULTE                                   

                       

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Par le chef de bataillon(h) Francis AGOSTINI

Président de la fédération départementale de

l’Union fédérale des associations françaises

d’anciens combattants et victimes de guerre

des Bouches du Rhône

Président de la coordination des combattants

des Bouches du Rhône.

 

 

 

 

                                                                                               1er Mars 2019

 

 

Qui parle encore aujourd’hui de l’anéantissement des arméniens ? «  WER REDET NOCH HEUTE VON DER VERNICHTUNG DER ARMENIER ? ». (Hitler août 1939).

Et qui se souvient de cette phrase qui laissait présager le plus grand génocide que l’histoire ait connu ? Celui des juifs.

Mais sait-on également qu’au XIXème siècle, puis en 1915, 1916 et jusqu’en 1921 plus d’un million et demi, voire deux millions d’arméniens ont été massacrés par les turcs ?

En effet il faut savoir que dans l’empire ottoman, les arméniens étaient considérés comme des habitants de seconde catégorie   et  qu’après la guerre russo-turque de 1877-1878, les autorités turques avaient promis aux vainqueurs d’appliquer le règlement de 1868 qui protégeait les populations chrétiennes, et notamment les arméniens et leur donnait des droits identiques à ceux des populations musulmanes. Les élites arméniennes vont donc tenter dans les années 1880 de faire améliorer ces droits en créant des partis politiques et cela ne va pas plaire au gouvernement impérial turc.

Déjà lors du traité de Paris en 1875, l’Autriche-Hongrie avait proposé aux signataires de former une commission pour faire appliquer certaines réformes en Turquie, mais pour prévenir l’arrivée de cette commission, l’empire ottoman adopta la constitution de Midhat. Or si les différentes clauses allaient dans un sens libéral pour les non musulmans, elles  donnaient toujours la primauté à l’islam, l’article 11 tout en garantissant les privilèges religieux aux autres confessions, déclarait que l’islam était religion d’Etat.

En Turquie, comme d’ailleurs dans les autres pays d’Islam, les non musulmans jouissaient de droits sociaux et politiques très restreints, si ce n’est inexistants. Le Coran, clé de voute de la Charia, comprend 260 versets pour la plupart formulés par MAHOMET à la Mecque, prescrivant aux fidèles de mener la guerre sainte- le DJIHAD- contre les infidèles, c’est-à-dire ceux qui ne professent pas la même « vraie religion- Halk din » et de les massacrer- kital—Coran. Ch 47- Verset 4- Ch 9-Verset 125-ch 2 Verset 24-ch 3- Versets 10,13,14, 131- Ch8 -Verset 12-ch 9- Versets 28,38, et 41.

Ce qu’il faut savoir c’est qu’en 1860, 40.000 maronites catholiques avaient été massacrés, cinq cent églises et quarante monastères avaient été détruits en Syrie et au Liban, qui à l’époque faisaient partie de l’empire ottoman.

En 1878, la question arménienne n’existait pas pour certains, mais ils allaient rapidement la découvrir, les moyens d’information n’ayant pas atteint encore la modernité que nous connaissons ; les arméniens étaient comme les autres non musulmans soumis à un régime de vexations, de tracasseries et d’exactions. Le long martyr du peuple arménien allait commencer. Le désespoir des ces populations allait conduire à la constitution de groupes révolutionnaires arméniens, ce qui allait accentuer les exactions et surtout déboucher sur les premiers massacres connus de 1894, 1896 et 1897 ou plus d’un demi million d’arméniens disparurent.

L’empire allemand à l’époque avait les yeux fixés sur le moyen Orient et l’empereur GUILLAUME II avait l’ambition de développer son influence économique dans cette région. Le projet de construction du chemin de fer vers Bagdad- le  Bagdad Bahn- en est un élément parmi tant d’autres et l’ensemble du processus fut accéléré d’une manière décisive au cours des deux voyages entrepris par l’empereur en Turquie en 1889 et 1896.

On peut à la lumière des faits maintenant très connus, évaluer ce que furent les réactions- Déjà à l’époque , des allemands vis-à-vis des massacres des arméniens et de l’Europe qui réagissait avec horreur à ces pogroms, l’Allemagne continuant de manifester une indifférence politique notoire envers les souffrances des chrétiens de l’empire turc.

Le ministère des Affaires Etrangères allemand exprimant la position de l’empire vis-à-vis des massacres, déjà en 1896.

 

  1. Les arméniens, une race cauteleuse et séditieuse, ont provoqué les turcs qui se sont sentis menacés dans leur existence nationale.
  2. L’Allemagne n’a aucune raison d’intervenir en faveur d’une race qui ne présente aucun intérêt pour elle.
  3. Tenant compte des dangers qui menacent de toute façon l’intégrité de la turquie et les intérêts commerciaux de nombreux allemands en Turquie, les tueries, si regrettables soient-elles en Arménie, doivent être considérées comme un moindre mal.-( Note rédigée par ALFONS MUMM VON SCHWARZENSTEIN, conseiller en chef pour les questions du proche orient à la section des Affaires Politiques du Ministère allemand des Affaires Etrangères, note transmise le 26 novembre 1898 au chancelier CHLODWIG, prince de Hoenlohe Schillingfurst, qui l’approuva

 

Qui plus est l’Allemagne fit tout ce qui était en son pouvoir pour que les nouvelles et les détails des massacres ne puissent se répandre ; à noter également la position à peu près identique de l’Autriche-Hongrie.

Même en France, certains journaux, comme le journal des débats déclarait  je cite .«  Que la mort de 50.000 ou 100.000 arméniens dont les cadavres jonchent l’Asie Mineure, ne vaut pas la vie d’un petit troupier français ».

 

                                               L’HORREUR DES MASSACRES

 

Commencé à Sassoun , le premier massacre dura du 18 août au 10 septembre 1894 ; dans certains villages arméniens-plus de 25 villages ayant été détruits- la troupe turque qui avait emporté des barils de pétrole-brûla les habitations et leurs occupants ; à Geliguzan, des jeunes furent attachés ensembles par les pieds et les mains, allongés à terre, la troupe entassant sur eux du bois et des arbustes et les brulant vifs.

Du 1er au 30 octobre 1895, à Constantinople, c’est la foule turque qui dotée de gourdins à tête de fer, tue indifféremment tout ce qui est homme femme et enfant, plus de 5 à 6000 morts ayant été dénombrés.

Un membre de la police militaire turque a même décrit comment il avait placé des enfants arméniens sur son tablier de cuir et comment il les avait passé au fil de l’épée, savourant leurs convulsions.

Plusieurs provinces, notamment de Sivas, Harput , Dyarbekir, Erzorum, Bitlis, Van et Ankara, Alep, Trabzon, Ismir, subirent également des massacres qui débuteront le 8 octobre 1895 pour se terminer à Niksar en juin 1896.

Du 3 juin au 25 juin 1896, la population arménienne de Van sans distinction d’âge, ni de sexe fut massacrée ou brûlée vive. Après la fin des massacres, une colonne de réfugiés, ayant pourtant reçu l’assurance de son déplacement en sécurité, fut anéantie près du mont Karahisar par les troupes régulières turques et des irréguliers Kurdes. Autour de Van, plus de 350 villages avaient été rasés.

A Egin , le 15 septembre 1896, deux mille arméniens sont tués, neuf cent quatre vingt maisons sont pillées et incendiées.

A Urfa, un grand nombre de jeunes arméniens furent étendus sur le dos et tenus par les mains et les pieds, furent égorgés comme des moutons pendant que le cheikh local récitait des versets du coran ; huit mille personnes périrent dont trois mille brûlées vives dans la cathédrale.

A Birecik, de nombreuses victimes furent noyées dans l’Euphrate, d’autres plus chanceuses se voyaient offrir l’alternative de se convertir à l’Islam.

A Severek, la foule turque massacre la population non musulmane, profane l’église et un temple protestant.

On peut estimer de sources sûres les pertes arméniennes à plus de 200.000 vies humaines, auxquelles il faut rajouter 150.000 femmes et enfants appelés à mourir de faim, de soif et de froid durant l’hiver de 1896.

Les églises avaient été transformées en mosquées, d’autres ayant été pillées, détruites tout comme les monastères ; quant aux conversions forcées il est inutile d’en parler tant il y en eu.

La plupart des observateurs étrangers, notamment les diplomates français, anglais et américains dénoncent à leur gouvernement respectif, la charia comme responsable des massacres, les turcs alléguant les responsabilités des non musulmans dans ces évènements et ne voulant pas respecter la souveraineté ottomane.

Les muftis, les kadis, les Softas, les imans, tous ces hommes de religion, à peu près sans exception, joueront un rôle important dans ces massacres fournissant comme il est  écrit plus haut les motifs et la légitimation de leurs actes.

 

En 1908, le sultan ABDUL-HAMID II , surnommé par dérision , je cite, «  le grand saigneur » est renversé par la révolution des jeunes-turcs , de l’ITTIHAD, mais vont néanmoins appliquer  la même politique de rigueur que celle pratiquée auparavant envers les minorités ethniques non musulmanes.

D’ailleurs le ministre de l’Intérieur TALAAT, qui sera le principal auteur du génocide arméniens de 1915-1916 ne déclarait-il pas à Salonique, lors d’une réunion, «  Qu’il ne peut être question d’égalité tant que nous n’aurons pas réalisé l’ottomanisation de l’empire ».

Du 1er avril au 27 avril 1909, vingt cinq mille arméniens furent exécutés à Adana et sa région ; les écoles, les hôpitaux et les églises furent les lieux privilégiés de la boucherie.

Là encore, il n’y eut aucune intervention étrangère, bien que de nombreux navires de guerre de l’Angleterre, de la France, de l’Italie, des Etats Unis d’Autriche et d’Allemagne soient ancrés dans le port.

Après la guerre des Balkans en 1912, les jeunes turcs qui venaient de subir une défaite cuisante à la fois militaire et politique, mirent en place  un programme de renouveau national visant à supprimer totalement l’option multiethnique de l’empire ottoman, fondée sur l’idée d’harmonie entre les différentes nationalités, pensant qu’elle était à la fois inutile et dangereuse. D’autre part l’idée maîtresse des dirigeants jeunes-turcs était de réunir à la Turquie après les pertes des territoires dans les Balkans, les populations turques qui se trouvaient dans le Caucase, or une seule région était étrangère au monde musulman et c’était l’Arménie qui elle était chrétienne…….

La mise en place de responsables politiques de haut niveau, la réorganisation de l’armée et de l’organisation Spéciale- troupe destinée à surveiller et à neutraliser les ennemis internes de l’empire, furent les préludes aux nouveaux massacres qui allaient se perpétrer en 1915 et 1916.

En 1913, après quelques péripéties de politique interne, le nouveau gouvernement turc sollicita l’Allemagne pour réorganiser son Armée.

L’arrivée dans la capitale turque d’une mission allemande très étoffée, laissa présager un engagement à plus ou moins brève échéance aux côtés de l’empire allemand et d’Autriche-Hongrie. D’ailleurs dès le 2 août 1914, les turcs furent sûrs de bénéficier de l’aide militaire complète des empires centraux.

Le gouvernement turc, bien que n’ayant pas déclaré la guerre aux alliés, mobilise les 2 et 3 août 1914 et cette mobilisation affecte tous les arméniens enrôlés en trois étapes.

  • 1°)-Classe d’âge entre vingt et quarante cinq ans.
  • 2°)-Classe d’âge entre quinze et vingt ans.
  • 3°)- Classe d’âge entre quarante cinq ans et soixante ans.

Cette dernière classe fut utilisée pour le transport des équipements militaires, en fait considérée comme une armée d’esclave, soumises aux exactions les plus diverses et destinée à être éliminée.

Le 29 octobre 1914, après avoir bombardé des ports français d’Afrique du Nord, deux navires de guerre allemands, le Goeben et le Breslau, trouvèrent refuge dans les détroits turcs et ensuite allèrent bombarder des ports russes en mer Noire, sous le commandement de l’amiral SOUCHON.- La Russie déclara la guerre le 2 novembre 1914 suivie par la Grande Bretagne et la France.

Le 24 avril 1915, tous les dirigeants politiques et responsables de la communauté arménienne-des milliers de personnes furent arrêtées. A Istanbul, les turcs incarcèreront 2345 arméniens qui furent exécutés quelques temps après.

Le 30 mai fut promulguée une loi provisoire de déportation, aménagée par celle du 10 juin 1915, qui préconisait les instructions à suivre pour enregistrer les expropriations et la confiscation des biens et des avoirs des déportés.

Pendant ce temps, des centaines de milliers d’arméniens, hommes femmes, enfants et vieillards erraient sans ressources en plein hiver dans les montagnes d’Anatolie. Puis les massacres vinrent ; tout d’abord les recrues arméniennes servirent de cibles vivantes aux exercices de tir de l’Armée ottomane ; d’autres enchainées par cinquante ou cent étaient fusillées tout en étant obligées de creuser leurs tombes. D’autres alors qu’ils construisaient ou réparaient des routes étaient égorgées.

Pour les femmes et les enfants désormais sans défense, les hommes étant » mobilisés », il était facile aux turcs soit de les forcer à se convertir, soit de les assassiner, après une multitude de sévices comme les viols par les membres de l’Organisation spéciale « les fédayis », cette troupe étant pratiquement composée uniquement de repris de justice, libérés de prison de l’empire par une dispense spéciale délivrée par les ministères de l’Intérieur et de la Justice.

Le 24 mai 1915, les alliés déclarèrent que le gouvernement turc était responsable des massacres en cours.

L’empire turc rétorqua le 11 novembre 1915 par la proclamation de la guerre sainte- Djihad.

Le gouvernement turc ne parla jamais de déportation, mais de déplacement des populations, sans d’ailleurs évoquer les lieux de résidence des déportés, qui bien souvent se sont retrouvés sans vivres et sans eaux dans le désert de Zor dans la région de l’Euphrate ou vers Harput pour y être égorgés.

                                                          

L’effondrement de l’armée russe en 1917, 1918, permet aux forces turques de pénétrer profondément en Transcaucasie jusqu’à Tiflis et Bakou- du 15 au 17 septembre ce fut de nouveaux massacres de la population arménienne de la ville et des réfugiés arméniens d’origine turque qui avaient réussi à échapper aux massacres en Turquie et s’étaient réfugiée dans cette région tenue par les Russes. On peut estimer à 300.000 le nombre d’arméniens exécutés. La preuve en est donnée par les déclarations de Ali IHSAN PACHA commandant le corps d’armée turc stationné à Van et qui prit Tabriz –« j’ai fait massacrer un demi million de vos coreligionnaires, dit-il au prélat arménien, Mgr NERCES ». fin de citation.

Le 14 janvier 1919, donc longtemps après l’armistice, le même général fit tué près de 10.000 travailleurs arméniens dans la zone contrôlée par la 6ème armée turque.

En 1919, MUSTAPHA KEMAL rencontrant le major général américain HARBORD lui confirma le chiffre de 800.000 morts, en excluant toutefois  les autres catégories de victimes comme les soldats servant dans les bataillons de travail et les innombrables déportés qui périrent de faim de soif et de froid.

En février 1916, le chiffre avancé de 1.500.000 morts à 1.600.000 n’est absolument pas contestable ; il y eut vraiment génocide, puisque le but recherché était l’éradication de tout ce qui était chrétien, donc arménien. Cela fut organisé et mis sur pied par des dirigeants ouverts à l’épuration ethnique aidés en cela par l’empire allemand et les hauts cadres de l’Armée allemande en poste en Turquie ; que l’on s’étonne pas de la ressemblance avec ce qu’il se passera en Europe avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933.

Le général BRONSART VON SCHELLENDORF ne déclarait-il pas, je cite « Que l’arménien est comme le juif, un parasite égaré hors des frontières de sa patrie, suçant la moelle du peuple qui l’accueille ».

Ce général allemand conscient des conséquences réelles qu’il avait à la fois couvertes et autorisées, n’exprima jamais le moindre regret et facilita même la fuite des sept principaux dirigeants de l’ITTIHAD, dirigeants impliqués dans la planification et l’exécution du génocide arménien.

Le colonel VON FELDMANN qui était confident D’ENVER PACHA était aussi au courant de ce qui se tramait.

Le lieutenant-colonel BOTTRICH dirigeait les services du chemin de fer et c’est lui qui a signé l’arrêt de mort de dizaines de milliers d’arméniens qui travaillaient à la construction de la ligne de Bagdad.

L’amiral GUIDO VON USEDOM, chargé de la défense des détroits ne s’est jamais ému une seconde des 100.000 grecs déportés des rives de la mer Egée.

Quant à l’amiral WILHEM SOUCHON, qui fut très certainement celui qui fit entrer la Turquie dans la guerre aux côtés des empires centraux lorsqu’il attaqua les ports et la flotte russe, déclara, je cite  « La Turquie trouvera son salut le jour où elle aura éliminé le dernier arménien, elle sera alors débarrassée de ces parasites subversifs. »

Le général VON SEECKT, que l’on retrouvera à l’avènement d’Hitler, a joué également un rôle important dans le problème arménien, de même que le commandant EBERHARD WOLFFSKEEL, comte de Rauschenberg qui lui a été particulièrement impliqué lors des affaires de Moussa Dagh et à Urfa où il réduisit à coups de canons la ville arménienne.

On voit donc que la complicité allemande est pleine et entière puisque l’empereur GUILLAUME II lui-même était au courant des faits et n’est jamais intervenu.

Le 30 octobre 1918, la conférence chargée des préliminaires de paix mit en place une commission destinée à établir les responsabilités et les sanctions des crimes de guerre-« Violation des lois et coutumes de la guerre et des lois de l’humanité ».On commençait à parler des droits de l’homme…

Mais les divergences de vue qui intervinrent après la Grande Guerre entre les nations victorieuses, réduisirent pratiquement à néant les sanctions et seuls quelques lampistes furent jugés, les vrais coupables en fuite, jugés et condamnés à mort par contumace.

Heureusement la plupart de ces criminels de guerre furent suivis à la trace et exécutés par des commandos arméniens, tant en Allemagne où TALAAT PACHA fut assassiné à Berlin le 15 mars 1921 ; le docteur CHAKIR le fut lui aussi à Berlin le 17 avril 1922.

DJEMAL PACHA tué lui à coups de fusil à Tiflis le 21 juillet 1922, ENVER PACHA fut exécuté dans l’émirat de Boukhara le 4 août 1922 dans une fusillade, quant au docteur NAZIM, il fut pendu à Ankara le 26 août 1926, mais pour conspiration contre le régime de MUSTAPHA KEMAL.

Le traité de Lausanne du 24 juillet 1923, traité qui annulait le traité de Sèvres, devenait d’un coup muet sur les crimes de guerre et les massacres d’autant plus qu’était joint à ce traité une déclaration d’amnistie qui rendait caduque tout ce qui avait été énoncé auparavant en matière de génocide.

Le 10 août 1920 le traité de Sèvres octroyait à l’Arménie la possibilité de s’étendre à cheval à la fois sur la Turquie orientale et le Caucase, mais MUSTAPHA KEMAL lança ses troupes réorganisées contre la toute fraiche république arménienne, six semaines après à peine la signature du traité.

Seule l’intervention de l’Armée Rouge permit de sauver de ce qui restait du peuple arménien. Lorsque les turcs évacuèrent la région d’Alexandropol, on dénombra 60.000 morts-30.000 hommes-15.000 femmes- 5000 enfants et 10.000 jeunes filles- 18.000 hommes étant emmenés comme prisonniers de guerre dont à peine 2000 survécurent.

Des témoins étrangers ont affirmé sous serment, que les turcs avaient forcé les parents à leur remettre leur fille âgée de huit ans et leurs fils de vingt et vingt cinq ans ; ils ont violé la fillette et assassiné les garçons sous les yeux des parents.

Les soviétiques ont estimé le nombre des victimes  dans les zones occupées par les turcs à 198.000 personnes.

                                                          

Aujourd’hui qui peut nier tous ces faits à moins d’être de très mauvaise foi, il y a bien eu génocide et nul ne peut l’oublier.

Le 24 avril demeurera une date particulière pour les arméniens d’Arménie ou de la diaspora où qu’elle se trouve.

 

 

Ce document a été conçu pour la première fois en 1996, réédité par la suite à plusieurs occasions notamment en 1998, 2003 et 2014. et a été diffusé gratuitement à plus de 12.000 exemplaires, également publié en Arménie et dans différents journaux de la communauté arménienne en France.

                                                          

 

                                                                      

                                                          

           BIBLIOGRAPHIE

 

 

La grande guerre- Pierre MIQUEL   Editions FAYARD

Histoire du génocide arménien-  Vahakn DADRIAN   Editions STOCK.

Le dhimi-                               (   Bat Ye’or               Paris 1980- 1991

Les chrétiens d’Orient           (

L’Illustration                                                             1916.

La Première guerre mondiale -      Larousse édition 1980.