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Site officiel de l'Union Féderale des Anciens Combattants et Victimes de Guerres des Bouches du Rhône

Munich

MUNICH

 

                                         29 -30 SEPTEMBRE 1938

 « Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre, ils auront choisi le déshonneur et ils  auront la guerre » Winston CHURCHILL

 

 

Par le chef de bataillon(h) Francis AGOSTINI

Président de l’Union fédérale des Bouches du Rhône 

Président de la Coordination des combattants des

Bouches du Rhône.

 

UN PEU D’HISTOIRE.

Cette conférence de Munich, que beaucoup ont appelé la conférence de la dernière chance, n’est pas du au fruit du hasard, mais à des faits et évènements antérieurs, notamment au  traité de Versailles et plus spécialement à celui de Saint Germain en Laye, qui va concerner toute l’Europe centrale.

Signé le 10 septembre 1919, il devait établir la paix entre les alliés et l’Autriche, mais il va surtout consacrer le démantèlement de l’empire Austro-hongrois, la monarchie régnante disparaissant, la dislocation entrainant la création de sept états, directement issus du 10ème point des 14 édictés par le Président des Etats Unis d’Amérique, Woodrow WILSON, appliquant le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Le traité entrera en vigueur le 16 juillet 1920, la Roumanie le signant très en retard le 9 décembre 1919 ; il sera entièrement rédigé en plusieurs langues, en français, anglais, italiens et russe l’allemand en étant exclu.

Plusieurs états voient ainsi le jour

  • La Pologne : restauré dans son existence et dans ses droits qui intègre la Galicie
  • La Roumanie qui elle va regrouper la Bucovine, agrandie également des provinces roumanophones de l’ancien empire Austro- Hongrois et de l’ancien empire Russe.

Il est à noter que plusieurs erreurs seront commises par les négociateurs concernant les aspirations des Ukrainiens à constituer un état.

  • La Tchécoslovaquie : elle devient un pays commun aux slovaques et aux tchèques.
    Les allemands des Sudètes, qui demandaient leur rattachement à l’Autriche sont déboutés et là une nouvelle erreur va encore être commise, cette minorité de langue allemande, aura un simple statut au sein de la république Tchèque.
  • La Yougoslavie : elle voit le jour à la suite des revendications des slovènes, des croates et des serbes pour créer un royaume de Serbie, englobant le Monténégro, plusieurs iles de Dalmatie et les zones comprises en Basse Styrie et la vallée du Mieb.
  • L’Italie : elle va intégrer les populations du Haut Adige, dont plus de 200.000 de langue allemande- L’Italie va annexer l’Istrie, quatre iles-Cherso-Unia- Lussino et Lagosta et la ville de Zara en Dalmatie et surtout Trieste.
  • L’Autriche : elle devient une république- Une partie de la population réclame son rattachement à l’Allemagne, ce qui est également refusé,  elle récupère le Burgenland.

En constatant les changements intervenus dans cette Europe centrale, on peut déjà se douter des problèmes à venir, notamment le rattachement de l’Autrice au IIIème Reich- L’Anschluss- et la crise des Sudètes.

 

Quelques faits à noter.

Lors des discussions sur la teneur du traité, les cartes zonales que les représentants tchèques- Karle KRAMAR et Edouard BENES, présentent aux alliés, omettent de signaler la présence des allemands des sudètes, des juifs parlant l’allemand, le polonais, le hongrois, des Ruthènes et des Roms, minorités qui habitent des zones de l’ancien empire Austro- Hongrois. Les tchèques et les slovaques ne représentant que 50% de la population totale du nouvel état.

Après 1918, les allemands des Sudètes deviennent donc une minorité dans la république tchèque comptant 3 millions d’habitants sur une population globale de 15   millions. Leurs représentants refusent l’adhésion de leur territoire à la nouvelle république et demandent à être rattachés à l’Autriche…

Quatre gouvernements locaux vont être créés.

  • Bomerwalgau- Sud de la Bohême
  • Deutschbömen- Nord ouest de la Bohême.
  • Sudetenland- Moravie du Nord et Silésie.
  • Sudmähren- Moravie du Sud

 

 

 

  • La crise économique d’après-guerre.

Cette crise va avoir une très grande influence sur la région industrielle des Sudètes ; la majorité allemande, menée par Konrad HENLEIN nazi de la première heure, va exiger de plus en plus à être rattachée à un état de langue allemande- L’Anschluss de l’Autriche par le IIIème Reich va aggraver la situation, d’autant plus qu’Adolf HITLER, jouant sur le thème des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, menace d’envahir les Sudètes le 1er octobre 1938.

Sur l’intervention du Duce, Benito MUSSOLINI, qui craint, il faut le dire le développement d’un conflit important, le chancelier HITLER décide d’organiser une conférence, alors que la France lance un avis de mobilisation.

  • La situation politique en Europe.

En France, le gouvernement d’Edouard DALADIER souhaite intervenir, bien que l’armée française ne soit pas encore en état de recevoir des matériels modernes, et sans la présence des troupes britanniques elle ne pourra pas faire grand-chose, car le réarmement allemand est connu. D’autre part le pays est à la veille d’élections, et la majorité des hommes politiques sont pour l’organisation  d’une conférence à Munich et l’abandon de la Tchécoslovaquie, il y a donc un consensus sur les futurs accords.

A la chambre des députés seuls les communistes votent contre.

Lors de son retour à Paris, au Bourget, Edouard DALADIER qui s’attend à être hué, est acclamé par la foule, aurait prononcé ces paroles « Ah les cons,s’ils savaient… » citation rapportée par son fils. Pour la foule, il aurait sauvé la paix…

A Londres, Neville CHAMERLAIN, brandissait un document contenant les accords en Criant  «    Peace… Peace …. ».

En Italie, MUSSOLINI ne souhaite pas la guerre, du moins dans l’immédiat et pousse HITLER à négocier.

  • Le texte des accords.

Les Tchèques devront évacuer le territoire des Sudètes avant le 10 octobre 1938, sans qu’aucun dommage ne soit effectué avant leur départ, la Wehrmacht devant occuper progressivement le terrain : la Pologne récupérant une partie de la Silésie- 906 kms 2, soit 258.000 habitants et  devant rétrocéder les territoires contestés de la Zaolaie à la république tchèque.

En fait la république tchèque est totalement démantelée-150 à 250.000 tchèques sont obligés de tout abandonner et de quitter les Sudètes.

Mais ce qui est plus grave pour cet état, c’est qu’il perd ses défenses militaires, ses fortifications face à l’Allemagne, situées dans les Sudètes.

Le ressentiment tchèque contre l’occident et surtout la France sera très important, et l’auteur de ce document peut en témoigner, puisqu’en 1994, ayant effectué un voyage d’étude sur les forêts tchèques, il a pu mesurer encore ce ressentiment, par des réflexions acerbes.

  • Les conséquences directes.

 En mars 1939, la Wehrmacht envahit ce qui reste de la république Tchèque, c’est-à-dire les parties de la Bohême et de la Moravie, établissant un protectorat sur les restes de cet état, la Slovaquie faisant sécession en devenant un état dirigé par Mgr TISO, la guerre de plus en plus proche lance la France et la Grande Bretagne dans une course aux armements….